L’insurrection de Madagascar en 1947  

29-3-47« Les rebelles ont tous été éliminés ou capturés. Les autorités militaires ont repris la situation en main, elles veillent sur votre sécurité. Des milliers de vos compatriotes sont morts pour une cause sans espoir. »

 » Vorona  » (oiseau) /  » Afo  » (feu), c’était le mot de passe des insurgés qui, dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, déclenchaient, à l’Est de Madagascar, une des plus grandes révoltes de l’histoire coloniale.

A l’appel d’une société secrète, quelques centaines d’hommes armés de sagaies et de coupes-coupes attaquaient plusieurs garnisons et des maisons de colons français.

On s’attendait si peu à une telle flambée de violence que, le matin même, le haut commissaire de France à Tananarive, Marcel de Coppet, affirmait encore qu’il ne fallait pas s’inquiéter des rumeurs annonçant un soulèvement dans la journée.

Et personne n’avait pris au sérieux, des députés Malgaches qui, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, avaient réclamé l’indépendance de leur île, après 50 ans de colonisation française.


2000 ans d’Histoire sur France Inter de Patrice Gélinet avec Jean Fremigacci, un historien l’Invité.

 


 

L’Histoire n° 318 : La vérité sur la grande révolte de Madagascar  (dossier / Les massacres oubliés de la colonisation), Jean Fremigacci.

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« Une légende noire entoure l’insurrection de Madagascar en 1947. Les chiffres de la répression, en particulier, ont été largement surévalués. Les événements de 1947 n’en ont pas moins provoqué un traumatisme dans l’île. Qui dure encore…

L’insurrection de Madagascar en 1947, épisode peu glorieux de l’histoire coloniale française, est aujourd’hui aussi célèbre que mal connue. Elle fait partie, en effet, de cette série de grands événements de l’histoire de Madagascar qui ont conservé leur part de mystère.

Passions et intérêts particuliers s’en sont emparés dès ses débuts et ont conduit à des interprétations fantaisistes ou simplistes, le déroulement réel des événements étant occulté au profit d’une légende noire. Il est ainsi possible de proférer sans risque les pires énormités : dans Le Monde du 19 septembre 1997, Claude Simon, prix Nobel de littérature, parle de « Madagascar, dont on a longtemps caché qu’on y a tué 100 000 indigènes en trois jours ».

Des images, toujours les mêmes, sont ressassées : prisonniers mitraillés dans des wagons ou jetés d’avions. Et un bilan : 80 000 à 100 000 morts. Il est vrai que les archives, dispersées, forment un puzzle difficile à reconstituer et que les témoignages sont rares : à Madagascar, l’ignorance de ce qui s’est passé reste grande, les véritables acteurs sur le terrain ayant gardé le silence pendant des décennies, tandis que ceux qui se sont arrogé la parole n’avaient guère qualité pour le faire, qu’il s’agisse des pouvoirs en place, de l’intelligentsia urbaine ou, plus récemment, de la diaspora malgache.

Il est resté de l’insurrection une rancoeur et des antagonismes ethniques durables. Pour le chercheur, il en résulte un conflit entre mémoire et histoire particulièrement difficile à démêler. »

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